| Carnet de Zénon
De paradoxes en apophtegmes |
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| Publié le mardi 14 mars 2006Durant ces jours de congé, lecture d'un roman de Julio Cortazar, Les Gagnants ( Folio 1354, paru en français en 1961, 531 p.) : " La loterie du Tourisme, organisée par la ville de Buenos Aires, a fait une vingtaine de gagnants. Il s'agit d'une croisière et tous ces voyageurs improvisés, réunis par le sort et appartenant aux classes sociales les plus diverses, s'embarquent sur un navire dont ils ne savent ni la provenance ni la destination. Ce ne sont pas les seules inconnues de ce voyage qui s'annonce mal dès le départ. Une maladie mystérieuse s'est déclarée à bord, et voilà les passagers convertis en détectives. L'un deux, Pedro le Mage, déchiffre cette ronde où s'aventurent la poétesse Paula Lavalle, intelligente et cynique, le raffiné Raoul Costa, le professeur Lopez, l'adolescent Felipe, Claudia la résignée et Medran, l'insatisfait... " Roman un peu verbeux, irritant parfois, que j'ai pourtant lu jusqu'à la fin. Comment et pourquoi une oeuvre a-t-elle cet effet agaçant et irritant? Trop riche peut-être, ou bien elle force la réflexion. Il y a un peu de Kafka et de Buzatti chez Cortazar. Le sentiment d'enfermement du Désert des Tartares pour l'un et l'absurdité du Procès pour l'autre. Les Gagnants (Los Premios, Buenos Aires, 1960), réunis par le hasard à bord du Malcolm, se groupent ou s'affrontent dans l'espace clos du bateau, où l'insolite fait son apparition dès le début. Mais cette croisière se double d'un voyage intérieur de chaque passager vers la confrontation avec lui-même dans la recherche de sa propre réalisation. À l'intérêt psychologique et sociologique s'ajoute une dimension métaphysique grâce aux soliloques de Persio, qui donnent de la réalité courante une vision plus structurelle et poétique. par Jacqueline Outin et Jean-Pierre Ressot Par zénon • 2006-03-14 19:00:06 Permalien | Ajouter un commentaire • Réflexions, Beaux textes |
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